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Viaje a Perquín: memoria histórica de El Salvador

[:es]DSC08507Este fin de semana fue una experiencia que nos permitió comprender las consecuencias de la guerra, materiales y humanas. Los pueblos del departamento de Morazán estuvieron al centro de la guerra y esto causó mucha destrucción (de inmuebles, deformación del paisaje,…). Lo que nos sorprendió particularmente fue la capacidad de los hombres y mujeres de levantarse y a adaptarse a su nueva situación. Hicieron de su dolor una ventaja transformando su región en un punto turístico. Esto permite superar el impacto de la guerra pero también enseñar a los turistas las fuertes consecuencias de la guerra. Esto refleja la expresión que se nos dijo en diversas ocasiones: “El país que no conoce su historia está condenado a repetirla”. Es por esto que el pueblo El Mozote es tan importante. Gracias a su monumento y a los diferentes guías, pudimos comprender la situación pero también los sentimientos de las personas que sufrieron a causa de esta guerra y, más precisamente, esta masacre. Este evento atroz, en el cual las mujeres y los niños fueron aniquilados, forma parte de la identidad del pueblo y marca de manera indeleble a nuestro país, El Salvador.  Después de haber escuchado la historia y visitado los diferentes lugares afectados, nos quedamos sin palabras frente la indignación que sentíamos por esta violencia desmedida.

DSC08534Gracias a los testimonios de las personas que vivieron la guerra, la podemos comprender mejor. Conocíamos ya el punto de vista el ejército por la visita del General Jaime García al Liceo, pero teníamos poca información sobre el modo de vida de la guerilla. Escuchamos el testimonio de una guerrillera, Lorenza, quien tuvo que huir hacia Honduras cuando descubrió que estaba embarazada. Ella, como muchas otras, tuvo que adoptar un modo de vida muy diferente y difícil en un país que no quería aceptarlas. Tuvieron que rebelarse contra la voluntad de Honduras de expulsarlos. Para Honduras, estas poblaciones eran colaboradores de la guerilla por lo que no las querían en su territorio. Lorenza comparó esta situación a la de los campos de concentración pues existía una fuerte represión de parte del ejército hondureño y todo lo que tenían para sobrevivir era la solidaridad y la organización de su comunidad.

Su historia nos conmovió mucho pues nos demostró que no solamente los dos campos (ejército y guerrilla) sufrieron, sino que también el pueblo salvadoreño que tuvo que escapar de esta atrocidad. Este pueblo, aun huyendo, sufrió y tuvo que enfrentar las nuevas condiciones de vida muy difíciles. Luego, tuvimos como guía a Serafín, un ex niño-guerrillero que formaba parte de la “Brigada de Inteligencia”. A los 10 años, tuvo que escoger entre integrar uno de los dos campos o huir al extranjero. “Escogió” la guerrilla luego de las masacres en El Mozote (en las cuales miembros de su familia fueron asesinados), pues su padre era profesor en la guerrilla. Al terminar su entrenamiento, se unió al servicio de “inteligencia contra inteligencia” para sabotear las comunicaciones del ejército. Le guardamos mucho respeto pues logró transformar los conocimientos que adquirió durante la guerra en saberes que le permitieron tener un oficio volviéndose guía turístico. Él utiliza sus conocimientos para dar testimonio de la guerra. Nos explicó su rol dentro de la guerrilla pero también el funcionamiento general de la misma en la zona. Además, aun siendo exguerrillero, es consciente que no fue una guerra justa, que hubo mucha crueldad y no quiere que se repita este episodio histórico. Fue un encuentro agradable, muy pedagógico, que nos enseñó mucho sobre los eventos y las consecuencias de la guerra.

Este viaje nos gustó mucho porque nos enseñó las partes de nuestra historia que no conocíamos y nos mostró como una guerra puede afectar una población. Además, vimos paisajes magníficos, particularmente las cascadas del Río Sapo y descubrimos la memoria popular salvadoreña. Conocimos también a fabricantes de artesanías precolombinas con “tierra negra” en Guatajiagua.

Pasamos un excelente fin de semana lleno de momentos felices.

Damien Tallent

Eduardo Avila

Ana Viana[:fr]DSC08507Ce week-end fut une expérience qui nous a permis de comprendre les conséquences de la guerre, matérielles et humaines. Les villages du département de Morazán ont été au cœur de la guerre et cela a causé beaucoup de dégâts (destruction bâtiments, déformation du paysage,…).  Mais ce qui nous a particulièrement surpris c’est la capacité des hommes à se relever et à s’adapter à leur nouvelle situation. Ils ont fait de leur malheur un avantage, en transformant leur région en un pôle touristique. Cela permet non seulement de surmonter le choc de la guerre meurtrière mais aussi d’enseigner aux touristes les fortes conséquences de la guerre. Cela reflète l’expression qui nous a été dite plusieurs fois : « Le pays qui ne connait pas son histoire est condamné à la reproduire ». C’est pour cela que le village El Mozote est si important. Grâce à son monument et aux différents guides, on a pu comprendre la situation mais aussi les sentiments des personnes qui ont souffert à cause de cette guerre et plus précisément du massacre. Cet atroce événement, où femmes et enfants ont été anéantis, fait partie de l’identité du village et marque de façon indélébile notre pays, le Salvador. Après avoir écouté l’histoire et visité les différents lieux affectés, nous n’avions plus de mots tellement nous étions indignés par cette violence démesurée.

DSC08534C’est aussi grâce à des témoignages de personnes qui ont vécu la guerre que nous pouvons comprendre davantage celle-ci. Nous connaissions déjà le point de vue de l’armée depuis la visite du Général Jaime García au Lycée,  mais nous avions peu d’informations quant au mode de vie de la Guérilla. Nous avons notamment écouté le témoignage d’une guérillera, Lorenza, qui a dû fuir vers le Honduras lorsqu’elle a appris qu’elle était enceinte. Elle, et beaucoup d’autres, ont dû adopter un mode de vie très différent et très dur dans un pays qui ne voulait pas les accepter. Ils ont dû se révolter contre le déménagement que le gouvernement hondurien souhaitait. Pour le Honduras, ces populations étaient des collaborateurs de la guérilla et il ne les voulait pas sur son territoire. Lorenza a comparé cette situation à celle des camps de concentration car il y avait une forte répression de la part de l’armée hondurienne et tout ce qu’ils avaient pour survivre était leur solidarité et l’organisation de leur communauté.

Nous avons été touchés par son histoire qui nous démontre que ce n’est pas seulement les deux camps (armée et guérilla) qui ont gravement souffert, mais aussi le peuple salvadorien qui a dû fuir pour échapper à cette atrocité. Et ce peuple, même en fuyant, a souffert et a dû affronter des nouvelles conditions de vie très difficiles. Ensuite, nous avons eu comme guide touristique Séraphin qui est un ex enfant-guérillero  qui faisait partie de la brigada de inteligencia (le renseignement militaire). À 10 ans, il a dû choisir entre s’intégrer dans un des deux camps ou fuir à l’étranger. Il a « choisi » la guérilla après les massacres au Mozote (où des membres se sa famille ont été tués), car son père était professeur dans la guérilla. Il a fini son entrainement et a rejoint le service « intelligence contre intelligence » pour saboter les communications de l’armée. Nous avons beaucoup de respect envers lui car il a su transformer les connaissances qu’il a acquises lors de la guerre en savoirs qui lui ont permis d’avoir un métier, en devenant guide touristique. Il utilise aussi ses connaissances pour témoigner de la guerre. Il nous a expliqué son rôle dans la guérilla mais aussi le fonctionnement général de celle-ci dans la zone. En outre, on a pu voir que, même s’il est un ex-guerrillero, il est conscient que ce n’était pas une guerre juste, qu’il y a eu beaucoup de cruauté et il ne veut pas une repetition de l’épisode. Ce fut donc une plaisante rencontre, très pédagogique, qui nous a beaucoup appris sur les événements et conséquences de la guerre.

Ce voyage nous a beaucoup plu puisqu’il nous a enseigné des parties de notre histoire que nous ne connaissions pas et il nous a montré comment une guerre peut affecter une population.  De plus, nous avons vu des paysages magnifiques, notamment les cascades du Rio Sapo, et nous avons découvert la mémoire populaire salvadorienne, en rencontrant des fabricants de poteries précolombiennes à partir de « terre noire » à Guatajiagua.

Le tout en passant un excellent week-end plein de moments joyeux.

 

Damien Tallent

Eduardo Avila

Ana Viana[:]